La convivialité, oui mais comment ?

convivialiteLa convivialité permet que les salariés prennent des marques de respect, de partage et d’envie de vivre ensemble au sein de l’entreprise. Elle doit se retrouver au quotidien que ce soit au bureau ou durant les événements d’entreprise. Il faut noter par ailleurs que les organisateurs doivent laisser le libre arbitre de participer afin que ces moments restent des instants de partage et non d’obligation. Le cas échéant l’objectif serait non atteint.

Voici l’article de Christophe Bys – Publié le | L’Usine Nouvelle n° 3364 sur ce sujet.

Un petit déjeuner festif adoucit les humeurs et augmente la productivité des salariés.

Organiser un concours de gâteau ou un petit déjeuner avec son équipe, c’est bon pour le travail ! Mais pour éviter le côté gadget, il faut respecter quelques règles.

C’est le rêve de bien des dirigeants, des DRH, mais aussi des employés : faire en sorte que le temps de travail ne soit plus une contrainte mais un temps d’épanouissement, l’idéal étant que l’on finisse par ne plus compter ses heures. Pour y parvenir, certaines entreprises œuvrent à développer davantage de convivialité pour que les salariés trouvent du plaisir à être ensemble.

En 2007, l’association Entreprise & Convivialité est créée par treize entreprises autour de cette question, notamment pour en diffuser les bonnes pratiques. Dans l’air du temps, elle revendique aujourd’hui plus de 100 adhérents « convaincus que les bonnes relations au travail favorisent le bien-être individuel, et, par ricochet, les performances économiques », comme l’explique Aurélie Porée, l’actuelle présidente de l’association, par ailleurs DRH de CBRE, spécialiste de l’immobilier d’entreprise.

Pour déployer un événement convivial, il n’y a pas besoin de gros moyens. Certains peuvent même ne rien coûter du tout. Comme l’accueil d’un nouveau salarié qui sera préparé en amont. « Avec 25 euros par salarié et par an, je réussis à organiser une action par mois », calcule Aurélie Porée. Rien d’étonnant à cela, car ce type d’initiative mobilise avant tout la bonne volonté des salariés. Comme, par exemple, le concours de gâteau au chocolat organisé par CBRE ou le « kids day » de Voyages-sncf.com, soit une demi-journée pour faire découvrir aux enfants du personnel le bureau de papa ou de maman, et créer ainsi des liens entre les parents issus de différents services de l’entreprise.

 

Renforcer le sentiment d’appartenance

Au-delà de l’économie, la mise à contribution des salariés est l’assurance de retombées authentiques. C’est ce qu’a expérimenté le Centre national d’études spatiales (Cnes) à l’occasion de son cinquantième anniversaire. « En période de disette budgétaire, notre budget était – de fait – limité, explique le DRH Pierre Ulrich. Nous avons proposé aux salariés de chacun des quatre sites de réaliser une photographie collective représentant leur vision des autres centres. » Résultat, pour moins de 20 000 euros, il a été possible de former des groupes de volontaires pour réfléchir au thème du cliché à prendre, puis de les rassembler pour le réaliser. Les photos ont ensuite été imprimées dans un calendrier distribué à tous les salariés. De quoi renforcer « la cohésion d’équipe et le sentiment d’appartenance », deux des leviers de la convivialité selon Benjamin Gratton, le directeur associé de la société de conseil BeBetter & Co. Les participants ont appris à se connaître dans un cadre extraprofessionnel.

Loin de ne se cultiver qu’entre collègues, la convivialité est une opportunité pour dégeler les lignes hiérarchiques. Patrick Aisenberg, le PDG cofondateur de Linkbynet, expert en infogérance de parcs informatiques, invite deux fois par mois à un petit déjeuner une quinzaine de ses 500 salariés pour aborder tous les sujets. Y compris les plus stratégiques. Et le plus efficace est de cultiver la spontanéité, en surfant sur le contexte que vit le collectif. « L’été dernier, la climatisation du bureau était cassée, je suis allé acheter des glaces pour toute la boîte », se souvient Patrick Aisenberg.

Quelles que soient les actions retenues, pour réussir, respecter le volontariat est nécessaire. « Obliger les gens à être conviviaux est un oxymore », estime Pierre Ulrich du Cnes. Si les bonnes volontés ne sont pas nombreuses au début, il faut multiplier les propositions… Et s’appuyer sur ce que font déjà les salariés entre eux, de leur propre chef, par l’intermédiaire du comité d’entreprise ou d’associations sportives… Quitte à sortir des murs de l’entreprise : Linkbynet organise deux week-ends au ski par an. Quant au Cnes, il soutient ses salariés qui participent à ses challenges sportifs inter-entreprises.

Tout ça pour quoi S’il est difficile de mesurer un retour sur investissement strictement financier, ceux qui pratiquent la convivialité sont persuadés que ces actions ont un effet à moyen terme. « Certains effets indirects ne seront jamais mesurables, estime Aurélie Porée. Quelle valeur a un salarié qui affirme dans le bus ou dans un dîner qu’il travaille dans une super-entreprise  » Eliane Barbosa, la DRH de Voyages-sncf.com en est convaincue. « Tout ce qui se fera de bien à l’intérieur finit par se voir à l’extérieur, dit-elle. Y compris par nos clients. » Faites le Bien, vous serez récompensé !

 

« il faut laisser du temps et de l’espace au collectif »

Norbert Alter, professeur de sociologie à Paris-Dauphine, auteur de « Donner et prendre, la coopération en entreprise »
Comment expliquez-vous l’engouement pour la convivialité en entreprise

Elle est la base de la coopération entre les individus et renvoie à la construction du sens. Or la convivialité se forge en dehors du temps de travail au sens strict. Pour la développer, les salariés doivent avoir le temps de perdre du temps. Ce qui pose un problème aux entreprises.

Pourquoi

C’est à la pause-café où l’on parle du chef ou de la stratégie de l’entreprise que l’on fabrique de la convivialité. Cela suppose que l’on détruise de la richesse dans l’entreprise (temps productif qui ne l’est plus…). Pour avoir de la convivialité, les directions d’entreprise doivent accepter qu’il existe un collectif qui leur échappe. Elles n’y sont pas toujours disposées.

Que faire alors

Avant de mettre en place des actions de convivialité, mieux vaut commencer par ne pas faire la chasse aux temps morts et laisser de l’espace et du temps au collectif. Ensuite, si les directions veulent encourager la convivialité, qu’elles observent ce qui existe déjà entre les salariés et s’appuient dessus pour l’initier. Mon conseil : allez voir comment font les gens et inspirez-vous en !

 

 

Sept idées simples pour ceux qui n’en ont pas

  • Tenir des conférences avec des personnalités de son secteur à l’heure du déjeuner.
  • Parrainer des afterworks en se retrouvant dans un café où les salariés musiciens feront un bœuf.
  • Organiser un concours de talents sur l’intranet. Les participants envoient leurs œuvres et chacun peut voter pour élire son préféré.
  • Proposer une activité extérieure (sortie à vélo ou randonnée).
  • Créer un club des anciens salariés et organiser une réunion régulière (annuelle dans un premier temps).
  • Présenter les campagnes de communication externes d’abord aux salariés de l’entreprise.
  • Inverser les fonctions pendant une demi-journée, pour gagner en souplesse et compréhension.