La réussite vu par les neuroscientifiques

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Qu’est ce que la réussite pour les neuroscientifiques ?

 

Tout un programme… Je décide de participer à la conférence organisée par l’association Neoma (regroupement des anciens étudiants des ESC Rouen et Reims).  Après une journée difficile, je pars avec quelques appréhensions et j’avoue, peu d’envie. Je m’installe proche de la porte au cas où ce serait ennuyeux. Pftttt je m’éclipserais discrètement alors…

La salle est comble, les neurosciences intriguent et de l’aveu de beaucoup, c’est le sujet du moment !

Un septuagénaire entre subrepticement dans la salle. C’est notre conférencier de ce soir : Bernard Michel BOISSIER, chercheur indépendant en neurosciences.

 

 

Qui est-il ?

De formation médicale et neuroscientifique, il fut chargé d’études et de recherches pluridisciplinaires interuniversitaires au niveau européen. Rattaché à l’unité de neurobiologie moléculaire de la faculté des sciences d’Orsay et du laboratoire de neurophysiologie expérimental de l’Hôtel Dieu de Paris, son parcours est jalonné de rencontres fascinantes : Milton ERIKSON, Karl Gustave JUNG, Napoléon HILL avec qui il a travaillé plusieurs années, Roger SPERRY (prix Nobel de médecine en 1981) et d’autres encore…La liste est longue.

Entrons dans le vif de cette conférence.

Le début est fastidieux : nombre de neurones dans notre cerveau, nombre utilisé par la moyenne des Hommes (1% sur ces 4 millions), je commence à m’ennuyer. Puis je ne sais comment j’ai été happée par ses paroles. Je crois que cela a commencé quand il a dit « Tout ce que l’on a dit sur les neurosciences avant 2006, se sont révélées obsolètes et l’on devrait dorénavant appelé le travail sur l’inconscient la neuro-énergétique».

Cela a commencé à m’intriguer.

Le conférencier parle de Richard Davidson, professeur de psychologie et de psychiatrie, enseignant à l’Université du Wisconsin à Madison qui rencontre le Dalaï Lama. Leurs échanges entrainent l’envie de transmettre leurs compétences réciproques entre les érudits Lamas et  les scientifiques de l’Université. Pendant des mois, le matin, les scientifiques observent les Moines dans leurs méditations et l’après midi les scientifiques exposent leurs connaissances sur le cerveau. Pour optimiser et valoriser ce partage les Lamas acceptent de se rendre à Madison pour que les scientifiques pratiquent des IRM durant la méditation. Cela prend des mois avant que les Lamas puissent oublier ce bruit sourd typique de cette machine.

 

Les scientifiques confirment ce qu’ils avaient analysé lorsqu’ils étaient en immersion au Monastère : la conscience est dissociée de l’esprit. Cela bouleverse les concepts présentés depuis le début du XIXème siècle.

Alors me direz vous qu’est-ce que cela implique dans la réussite ? Et qu’est-ce que la réussite ?

Je vais essayer de reprendre le plus respectueusement possible la théorie de Bernard Michel Boissier.

La réussite n’existe pas car elle n’est pas mesurable. Il n’y a pas de réussite sans difficulté, sans challenge. Le neuromédiateur qui permet d’attendre la réussite c’est l’addiction. Après observation du cerveau des moines en méditation, l’IRM a permis de constater que l’action de méditer produit de la morphine permettant de supporter la douleur. Le cerveau crée donc également de la dopamine. La dopamine est la substance qui nous permets d’éviter le mal être. Il y a un lien établi depuis entre dopamine et réussite.

Un éclatement de joie lorsque nous avons réussi un challenge ancre cette résultante dans le cerveau.

Je fais ici un parallèle dans notre pratique de coach, nous utilisons l’ancrage pour asseoir une émotion positive afin que cette dernière soit source régénératrice dans des situations difficiles. Détour ensuite sur la notion de réussite en mentionnant la performance car il ne peut y avoir de réussite sans action de performance et cette dernière ne peut s’inscrire sans la difficulté.

 

D’ailleurs qu’est-ce que la difficulté ? Selon la définition du petit Robert c’est un obstacle à l’intérieur de soi alors que le problème est un obstacle qui se situe à l’extérieur de soi. Ainsi les ressources utilisées par notre cerveau ne vont pas être les mêmes en fonction de notre perception. Nous allons les utiliser dès lors que nous avons un problème : nous analysons, nous utilisons nos compétences acquises par le biais de notre éducation, de notre instruction et de notre expérience.

En revanche, en ce qui concerne la difficulté, nous devons puiser dans nos ressentis, nos émotions pour pouvoir l’appréhender. Henri Poincare a ainsi démontré que le problème se dissociait de la difficulté. Rechercher une ressource extérieure pour pouvoir trouver la solution devient nécessaire. Malheureusement, aucun système actuel d’éducation ne nous a appris à utiliser cette ressource pour atteindre la réussite.

La solution apportée actuellement pour avancer plus avant est de renforcer notre cortex pré-frontal.

Ca devient très abstrait et peu abordable ? Ne partez pas je reprends les propos de Bernard Michel Boissier.

Concrètement il y a deux solutions devant un problème : soit nous avons la solution, soit nous nous sentons en danger. C’est naturellement souvent dans la seconde zone que l’on se situe ici.

Dès lors que nous ressentons une sensation négative, nous devons immédiatement changer de stratégie et passer de la raison à l’émotion et de ce fait à nos ressources intérieures, situées dans notre subconscient.

La clé : développer notre cortex préfrontal.

La solution n’a pas été clairement exposée par Bernard Michel Boissier. Je pose donc l’hypothèse que pour faire plus, mieux et autrement, nous essayons de retrouver la sensation de réussite que nous avons tous vécue une fois dans notre existence (durant notre enfance face à une réussite scolaire, dans notre vie personnelle ou professionnelle) et de l’ancrer. Ainsi chaque matin et/ou lors de chaque situation où nous nous sentons « négatifs », utiliser cet ancrage pour pouvoir trouver la solution constitue une sorte de routine.

 

Concrètement, comme tout cela trouve-t-il écho au sein des organisations ?

Bernard Michel Boissier a travaillé pendant 4 ans auprès des 400 ingénieurs du chantier Naval qui a donné naissance au Queen Mary II (article Le Point.fr : les accros de la boite à idées); il a collaboré avec le CoDir de Rhône-Poulenc durant l’opération de fusion-acquisition de Hoechst Marion Roussel (3ème mondial) et collaborent aujourd’hui avec les équipes d’ingénieurs projets d’Airbus.

 

Christelle VANDRILLE